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Ce qu’il faut pour obtenir une image animalière primée

Josef Stefan6 min de lecture29 mai 2026Nature et faune
Nikon magazine - Josef Stefan's award-winning wildlife photography

Comment réaliser une image capable de se distinguer parmi 60 000 images en compétition ? Le lauréat du « Prix du public » du concours « Wildlife Photographer of the Year » livre tous ses secrets…

Le concours « Wildlife Photographer of the Year », organisé par le Natural History Museum, compte parmi les plus prestigieux du genre et suscite à ce titre un vif engouement : la dernière édition a ainsi reçu plus de 60 000 candidatures provenant de 113 pays et territoires. Si Wim van den Heever remporte le prix principal pour sa photo intitulée Ghost Town Visitor (Visiteur de ville fantôme), Josef Stefan, lauréat du « Prix Nuveen du public », a quant à lui démontré l’importance de persévérer malgré les échecs rencontrés. « En fait, je participe à ce prestigieux concours chaque année depuis environ 25 ans, confie le photographe animalier autrichien. La concurrence est rude, avec d’innombrables images magnifiques, et tout doit être absolument parfait. »

Nikon magazine - Josef Stefan
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Lorsque je photographiais le lynx ibérique, chaque instant était empreint d’émotion et de respect pour ce moment unique. Nikon Z 9 + NIKKOR Z 180-600mm f/5.6-6.3 VR, 600 mm, 1/200 s, f/6.3, 1600 ISO ©Josef Stefan

Josef a certes toujours atteint la finale, qui ne retient que les 0,2 % des meilleurs participants, et a reçu en 2004 une mention spéciale dans la catégorie « Oiseaux », mais la victoire lui avait jusqu’à présent échappé. « Ce qui rend ce succès encore plus significatif, c’est qu’il y avait deux obstacles majeurs, explique-t-il. D’abord, il faut se démarquer des 60 000 photos soumises pour être sélectionné par le jury parmi les 24 images qui ont une chance de remporter ce prix, puis ce sont les votes du public international qui déterminent le gagnant, donc c’est tout simplement incroyable. J’avais l’impression de devoir embrasser le monde entier, car on ne remporte vraiment un prix comme celui-ci qu’une fois dans sa vie. C’est quelque chose de très spécial. »

Dans cette optique, Josef partage certaines des leçons les plus importantes qu’il a tirées au cours d’un quart de siècle passé à concourir pour l’un des prix les plus convoités de la compétition, dévoilant ce qu’il faut pour créer une image qui touche aussi bien le jury que le public.

« En tant que photographe animalier, le plus important est de respecter la nature et les espèces que l’on photographie. » Nikon Z 9 + NIKKOR Z 100-400mm f/4.5-5.6 VR S, 340 mm, 1/800 s, f/5.6, 2000 ISO ©Josef Stefan

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Premier conseil pour réussir : La patience (et la persévérance) est une vertu

La patience et la persévérance sont essentielles. Flying Rodent (Écureuil volant) a été photographiée en Andalousie, en Espagne, où je m’étais rendu dans l’espoir de trouver et de photographier le rare lynx ibérique, un rêve que je nourrissais depuis longtemps. Après avoir enfin réussi à en apercevoir un, j’ai passé trois jours dans un affût soigneusement dissimulé, à attendre le moment idéal. Un après-midi, un jeune lynx est soudainement apparu à environ 50 m de là, un rat fraîchement attrapé dans la gueule. Il a commencé à jouer avec, le lançant en l’air puis le rattrapant à plusieurs reprises, tout en restant extrêmement concentré. À un moment donné, il s’est dressé sur ses pattes arrière, le regard rivé sur le rongeur, une scène qui illustrait à la fois son espièglerie et sa précision de chasseur. Mais immortaliser cet instant était loin d’être simple. L’angle de prise de vue était délicat, ce qui rendait plus compliquée la création d’une composition claire et équilibrée. De plus, les conditions d’éclairage, avec des contrastes forts et une luminosité inégale, étaient loin d’être idéales. Malgré tout, tous les éléments se sont mis en place, la preuve qu’en photo, la patience finit toujours par payer. Alors persévérez, même si le résultat n’est pas immédiat : ces instants véritablement rares et singuliers, qui ne donnent pas l’impression d’avoir été mis en scène, mais restent authentiques et uniques, en valent vraiment la peine.

« Les scènes naturelles inhabituelles, celles qui sortent de l’ordinaire, fonctionnent particulièrement bien. Elles éveillent la curiosité et suscitent l’émerveillement. » Nikon Z 9 + NIKKOR Z 100-400mm f/4.5-5.6 VR S, 400 mm, 1/1000 s, f/5.6, 6400 ISO ©Josef Stefan

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Deuxième conseil pour réussir : Rechercher l’extraordinaire

Immortalisez des comportements rares, car une image vraiment forte est bien plus qu’une simple prise de vue spontanée. Elle doit saisir un moment particulier, quelque chose que tout le monde n’a pas l’occasion de voir ou de photographier au quotidien. C’est ce caractère unique qui rend une photographie véritablement fascinante. Cela tient en partie au fait de prêter une attention particulière aux moments inhabituels ou rares, et en partie à la chance, celle d’être au bon endroit au bon moment. Je pense que l’une des raisons pour lesquelles ma photo a trouvé un écho auprès du public est qu’on ne voit pas souvent ce genre de rencontres. Bien que ce comportement soit typique des félins, dans la mesure où il aiguise leurs sens et contribue à affiner leur technique de chasse, il demeure rarement observé à l’état sauvage, en particulier chez le lynx ibérique, autrefois au bord de l’extinction, et plus rare encore à documenter en images. C’est ce qui rend cette image si spéciale.

« Une bonne photo de nature raconte toujours une histoire : celle d’un lieu, d’un animal, de son comportement ou d’une situation. Elle doit parler d’elle-même, même sans connaître précisément le contexte ni le sujet photographié. » Nikon Z 9 + NIKKOR Z 100-400mm f/4.5-5.6 VR S, 400 mm, 1/320 s, f/5.6, 800 ISO ©Josef Stefan

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Troisième conseil pour réussir : Raconter une histoire

Une image primée repose sur une intention narrative claire et sur une capacité à générer une réponse émotionnelle. Elle doit communiquer quelque chose. Qu’il s’agisse de la beauté de la nature, d’un moment dramatique ou d’un message important sur la protection des animaux et de leurs habitats, cette dimension émotionnelle ou narrative donne de la profondeur à l’image, la rend mémorable pour les spectateurs et permet au public de tisser un lien positif avec elle. L’histoire qui entoure le lynx ibérique semble avoir joué un rôle particulièrement important dans cette victoire. Elle documente le retour d’une espèce autrefois en danger critique d’extinction, aujourd’hui considérée comme un symbole de réussite en matière de conservation. Ce qui rend cette image si particulière à mes yeux, c’est justement cette alliance entre un moment intense et un message d’espoir. Elle témoigne à la fois de la fragilité et de la résilience de la nature. Il est également bon de savoir que les représentations trop explicites ou crues ont tendance à rebuter, tandis que des scènes empreintes de douceur, parfois même teintées de légèreté, touchent plus facilement le spectateur. Flying Rodent ne dépeint pas la nature de manière brutale, mais plutôt avec une touche de fantaisie, ce qui touche profondément les spectateurs. À cet instant, l’instinct, la lutte pour la survie et la beauté sauvage de la nature s’unissent d’une manière qu’il est presque impossible de décrire avec des mots.

« J’ai appris qu’une photographie de nature primée est le résultat d’une combinaison parfaite entre rareté, narration et maîtrise technique. » Nikon Z 9 + NIKKOR Z 100-400mm f/4.5-5.6 VR S, 100 mm, 1/3200 s, f/6.3, 1600 ISO ©Josef Stefan

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Quatrième conseil pour réussir : Utiliser un appareil photo de confiance

Un équipement de qualité peut faire toute la différence. Ce moment avec le lynx était extrêmement intense : ce lancer fulgurant du rat, cette fraction de seconde qui décide de la réussite ou de l’échec. C’est là que le Z 9 révèle toute sa puissance. Avec ses 20 vues par seconde, il me donne l’assurance de ne manquer aucun moment crucial. C’est presque comme s’il prolongeait mon propre temps de réaction. Ajoutez à cela l’incroyable plage dynamique du capteur de 45,7 millions de pixels, en particulier dans ces conditions d’éclairage difficiles où lumière et ombre s’entremêlent sans cesse. Vous obtenez des détails que je pouvais à peine percevoir à l’œil nu. En fin de compte, le Z 9 m’offre une véritable liberté. Je peux travailler dans la plus grande discrétion lorsque les conditions l’exigent. Je peux réagir incroyablement vite quand tout est en mouvement. Je peux modifier les réglages avant même que les autres ne remarquent que quelque chose a changé. Une simple pression et l’appareil photo réagit exactement comme je le souhaite, sans recherche, sans hésitation.

« L’objectif NIKKOR Z 600mm f/4 TC VR S est bien plus qu’un simple objectif. C’est un outil qui rend les émotions visibles. » Nikon Z 9 + NIKKOR Z 600mm f/4 TC VR S, 1/3200 s, f/5.6, 640 ISO ©Josef Stefan

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Cinquième conseil pour réussir : Choisir l’objectif adapté

Pour la photo primée, j’ai utilisé l’objectif NIKKOR Z 600mm f/4 TC VR S, qui offre une netteté tout simplement époustouflante : chaque détail est parfaitement rendu. Le téléconvertisseur intégré 1,4x, qui s’active d’une simple pression du doigt, change véritablement la donne dans ce genre de situation et, malgré son énorme focale, l’objectif est remarquablement bien équilibré. Le stabilisateur d’image est si efficace que je peux me déplacer librement et, souvent, je n’ai même plus besoin d’un trépied. Cela m’offre, en photographie animalière, une impression de proximité avec le sujet et une grande souplesse de prise de vue, pour un rendu particulièrement naturel. Cela me permet également de garder une distance suffisante pour ne pas déranger l’animal, tout en restant assez près pour saisir chaque nuance. Cette combinaison de rapidité, de précision et de liberté fait toute la différence. Cela ne me permet pas seulement de prendre des photos, mais aussi de vivre pleinement chaque instant.

« Souvent, vous ne disposez que de quelques minutes, voire de quelques secondes, pour saisir un moment extraordinaire. Il est donc essentiel que l’appareil soit configuré à l’avance et immédiatement opérationnel. » Nikon Z 9 + NIKKOR Z MC 105mm f/2.8 VR S, 1/640 s, f3.5, 500 ISO ©Josef Stefan

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Sixième conseil pour réussir : Bien régler son appareil pour réussir ses photos

Veillez à la perfection technique, car la netteté, la lumière et la composition doivent toutes être irréprochables pour que l’intensité de l’instant ressorte pleinement. Pour Flying Rodent, j’ai utilisé une vitesse de 1/2000 s pour figer ce mouvement très rapide avec une netteté parfaite, et une ouverture de f/4.5 pour trouver le juste équilibre entre une lumière suffisante et un flou d’arrière-plan incroyablement doux, qui détache presque entièrement le sujet. Grâce à une correction de +0,3 IL, j’ai ajouté une touche de luminosité supplémentaire à l’image, juste ce qu’il fallait pour préserver l’atmosphère sans que cela paraisse artificiel. J’ai délibérément choisi une sensibilité de 2000 ISO pour saisir suffisamment de lumière même pendant cet instant fugace. J’ai réglé la balance des blancs sur automatique, car je savais qu’en format RAW, je pourrais faire ressortir chaque détail par la suite. L’autofocus était en mode continu, combiné à l’AF détection des animaux et au mode de mesure pondérée sur les hautes lumières (WC1). Il n’y avait pas de seconde chance à ce moment-là et ces réglages ont permis de placer la mise au point exactement là où il fallait : sur ce regard unique et intense. Mais le plus important, c’est peut-être que j’ai utilisé le mode silencieux. Pas de bruit, pas de clic, de sorte que le lynx est resté totalement imperturbable et que j’ai pu m’immerger dans ce moment de sérénité. Plus tard, j’ai retouché l’image dans Nikon NX Studio, en ajustant les ombres et les hautes lumières et en optimisant légèrement la netteté.

« Les images à la fois rares, esthétiques et empreintes d’une certaine légèreté sont précisément celles qui trouvent un écho auprès du public. » Nikon Z 9 + NIKKOR Z 70-200mm f/2.8 VR S, 700 mm, 1/25 s, f/5, ISO 125 ©Josef Stefan

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Septième conseil pour réussir : L’effet « waouh »

Qu’est-ce qui distingue une bonne image d’une image qui remporte le premier prix ? Le plus souvent, c’est ce qu’on appelle « l’effet waouh » : ce petit plus qui captive immédiatement le jury, quelque chose de si saisissant que l’image reste longtemps gravée dans les mémoires. C’est ce qui fait que l’image séduit instantanément le spectateur. Mon conseil est de privilégier l’originalité plutôt que de copier les tendances. Après avoir pris ma photo, j’ai jeté un coup d’œil à l’écran et j’ai été immédiatement envahi de joie. Non seulement parce que l’image était techniquement réussie, mais aussi parce qu’à ce moment-là, j’ai senti que j’avais accompli quelque chose de vraiment spécial. C’était l’un de ces rares moments magiques où tout se met en place. J’ai tout de suite su que c’était plus qu’une bonne photo, c’était un moment unique qui réunissait tout : technique, intuition, émotion, histoire et patience. C’est ainsi que la photo Flying Rodent est née.

Pour obtenir les toutes dernières informations sur le concours et ses lauréats, rendez-vous sur le site Internet du Natural History Museum.

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