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Que faut-il pour photographier le football au plus haut niveau ?

Nikon Team10 min read02 juin 2026Sport et action
Nikon magazine -  photographing football

Qu’il s’agisse d’un trophée brandi à bout de bras ou d’un but marqué en une fraction de seconde, trois photographes nous dévoilent les secrets pour saisir sur le vif de grands moments sportifs.

La scène ultime du football : là où l’histoire s’écrit, où naissent les légendes et où, pour les vainqueurs et leurs supporters, les rêves deviennent réalité. À l’instar des footballeurs sur le terrain, les photographes d’élite qui entourent la pelouse sont eux aussi au sommet de leur art, car ici non plus, il n’y a pas de seconde chance. Nous avons demandé à trois grands photographes sportifs de nous expliquer les secrets du métier et de nous présenter trois de leurs clichés les plus mémorables.

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Writer, Creative Director & Photographer

Lionel Messi célèbre la victoire spectaculaire de l’Argentine face à la France lors de la finale de 2022 au Qatar. Nikon D 5 + AF-S NIKKOR 24-70mm f/2.8E ED VR, 24 mm, 1/3200 s, f/2.8, 2000 ISO ©Photo de David Ramos – FIFA/FIFA via Getty Images

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David Ramos

David Ramos, photographe plusieurs fois distingué, a couvert les grands événements de l’actualité et du sport à travers le monde, notamment au Brésil (2014), en Russie (2018) et au Qatar (2022). Membre de l’équipe de Getty Images, il réalise des reportages photographiques pour l’instance dirigeante du football mondial.

 

« Photographier le plus grand événement footballistique mondial est l’une des expériences les plus exceptionnelles que l’on puisse vivre en tant que photographe sportif, explique-t-il. C’est le moment où tout ce qui gravite autour de ce sport converge en un même lieu. Pour un photographe, c’est un contexte extrêmement exigeant, mais aussi un moment à part. On ne se contente pas de couvrir l’action, on tente aussi de saisir l’ambiance, l’émotion, la tension et toute la portée du tournoi. »

 

« L’histoire de cette image est assez particulière, car à ce moment-là, près d’une heure après la cérémonie officielle de remise du trophée, la fête battait encore son plein. Lionel Messi était entouré de ses coéquipiers, de ses amis et de sa famille au centre du terrain et, tout à coup, il a été soulevé par Kun Agüero et porté près de la foule. Il tenait le trophée, entouré de morceaux du filet des buts. C’était chaotique et chargé d’émotion, mais l’image dégage aussi quelque chose de très intime, avec une dimension presque historique. Elle ne montre pas seulement Lionel Messi avec la coupe. C’est Lionel Messi, happé par l’émotion du moment. On peut ressentir la joie, le vacarme, la foule qui se presse autour de lui, les sourires. On a l’impression d’être aux premières loges d’un événement historique. »

 

« D’un point de vue photographique, j’aime cette image parce qu’elle n’est pas parfaite au sens classique du terme, mais elle dégage une véritable énergie. Le cadre est chargé, mais c’est justement ce qui fait son succès. Le grand-angle plonge le spectateur au cœur de la liesse, comme s’il faisait partie du groupe. Lionel Messi occupe une place centrale, le trophée est bien visible, et tout ce qui l’entoure rend compte de l’ampleur et de l’émotion du moment. Dans une situation comme celle-ci, il faut réagir rapidement, utiliser un objectif grand-angle, rester proche et travailler avec une vitesse d’obturation suffisamment rapide pour figer le mouvement. Ces instants sont imprévisibles et vous n’avez que très peu de contrôle sur la composition. La clé, c’est de continuer à photographier, de rester en mouvement et de garder son calme au milieu du chaos. »

Olivier Giroud célèbre son but, le premier de la France contre la Pologne lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar, en huitièmes de finale. Nikon D 6 + AF-S NIKKOR 180-400mm f/4E TC1.4 FL ED VR, 290 mm, 1/1600 s, f/4, 3200 ISO ©Photo de David Ramos – FIFA/FIFA via Getty Images

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« Cette image prise au Qatar en 2022 est l’une de mes préférées, car elle est très épurée et graphique, explique David. La perspective aérienne transforme le terrain en un simple fond vert, presque comme une toile, et la silhouette d’Olivier Giroud donne toute sa force à la photo. Il n’y a aucune distraction, aucun autre joueur, aucun panneau publicitaire, aucune foule. Juste Olivier Giroud, ce moment de célébration et l’espace qui l’entoure. C’est cette simplicité qui rend l’image si puissante. »

« Je l’ai prise depuis la passerelle sur le toit du stade, un emplacement très particulier qui nous a offert un angle complètement différent de celui habituel depuis le bord du terrain. J’ai choisi de me placer dans un coin, car je voulais mettre toutes les chances de mon côté pour immortaliser une explosion de joie en cas de but marqué sur cette partie du terrain. Depuis cette position en hauteur, le 180-400 mm était idéal, car il me permettait de réagir rapidement et d’ajuster le cadrage au fur et à mesure que l’action se déroulait sous mes yeux. La vitesse d’obturation élevée a figé ce moment fort, tandis que l’ouverture f/4 a apporté suffisamment de profondeur tout en conservant la netteté de l’image. »

« On peut planifier sa position, évaluer les probabilités et se préparer techniquement, mais on ne peut jamais prédire entièrement un moment comme celui-ci. La réaction d’Olivier Giroud après son but a donné lieu à une image bien plus forte que prévu. »

Avant la finale de 2018 à Moscou, le trophée repose, à demi dissimulé dans son coffret, sous l’œil vigilant des agents de sécurité. Nikon D 5 + AF-S NIKKOR 24-70mm f2.8E ED VR, 36 mm, 1/800 s, f/2.8, 3200 ISO ©Photo de David Ramos – FIFA/FIFA via Getty Images

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« C’est sans aucun doute ma photo préférée parmi toutes les finales que j’ai couvertes à travers le monde, conclut David. Il y a bien sûr les images incontournables : les équipes, le stade, les supporters, les cérémonies, l’action sur le terrain. Mais parfois, la photo la plus forte se cache dans une pièce discrète, loin du terrain. Ce cliché ne traite pas du football en soi, mais du rituel, de la sécurité et de l’importance presque théâtrale que revêt la coupe avant le plus grand match de ce sport. Cette photo évoque la curiosité. »

« Ce que j’aime, c’est que le trophée, l’un des objets les plus reconnaissables au monde, semble nous regarder, presque timidement, depuis l’intérieur de son coffret, tandis que les gardes du corps paraissent très sérieux. Il y a quelque chose de légèrement surréaliste dans cette scène. La composition est simple et subtilement humoristique. »

« Dans ce genre de situation, on n’a pas beaucoup de temps pour préparer la scène. Il faut sentir l’ambiance, cadrer rapidement et respecter l’environnement. J’ai gardé une composition suffisamment large pour inclure le contexte : la vitrine, le trophée, le canapé, les deux gardes du corps et une pièce sobre. La simplicité de l’espace met la photo en valeur. Rien ne détourne l’attention de l’étrangeté du moment. Mais c’est un excellent exemple de la façon dont une scène toute simple, étrange ou inattendue peut, en une seule photo, rendre l’atmosphère qui entoure un événement majeur. »

Les meilleurs conseils de David :

  1. Ne partez pas trop tôt après la fin de l’événement. Parfois, la meilleure photo est prise après la célébration officielle, lorsque la tension se relâche et que l’émotion devient plus authentique. Restez en alerte, à proximité, et préparez-vous à saisir l’imprévu. Dans des moments comme celui-ci, un accès propice et une bonne préparation sont importants, mais l’instinct l’est tout autant.
  2. Pensez en termes de probabilité, pas seulement d’esthétique. Une position stratégique n’est utile que si vous savez anticiper ce qui peut concrètement se produire depuis cet emplacement particulier. Choisissez un angle de prise de vue qui sert votre intention.
  3. Restez attentif, surtout avant et après le moment clé. Évitez de vous limiter aux mêmes points de vue que les autres. Marchez lentement, observez les détails et faites confiance à votre instinct quand quelque chose vous semble visuellement intéressant. Les grands événements se jouent aussi dans une multitude de scènes discrètes, qui racontent parfois l’histoire avec plus de force.

Manuel Neuer, abattu, après la défaite surprise de l’Allemagne, tenante du titre, face à la Corée du Sud en 2018. Ce revers a scellé l’élimination de l’Allemagne dès la phase des poules pour la première fois depuis 1938. Nikon D 5 + AF-S NIKKOR 180-400mm f/4 TC1.4 FL ED, 460 mm, 1/8000 s, f/5.6, 2500 ISO ©dpa/Ina Fassbender

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Ina Fassbender

Photographe sportive allemande, Ina Fassbender a couvert la Bundesliga et de nombreux grands tournois internationaux de football, notamment en Italie (1990), en Allemagne (2006), en Afrique du Sud (2010), en Russie (2018) et au Qatar (2022).

« La qualité d’une photo de football dépend énormément de l’emplacement où l’on est assis, explique Ina. Lors d’un grand événement avec une agence de presse, tout est extrêmement bien organisé, chacun a un rôle clairement défini et l’ensemble du processus est très structuré. C’est extrêmement important ; une place vous est attribuée et vous devez la respecter. Pour le match de poule entre l’Allemagne et la Corée du Sud en 2018, j’avais une place tout en haut des tribunes, ce qui s’est avéré une chance incroyable. Dans ce stade, la lumière du soleil créait des jeux d’ombre et de lumière spectaculaires à ce moment de la journée. Ayant compris assez tôt que l’Allemagne était en difficulté, j’ai délibérément commencé à photographier le gardien Manuel Neuer dans des conditions de lumière saisissantes qui reflétaient visuellement l’élimination imminente de l’équipe. Cette image a ensuite été très remarquée et m’a valu plusieurs prix. »

« À l’époque, j’utilisais l’objectif AF-S NIKKOR 180-400mm f/4 TC1.4 FL ED avec un téléconvertisseur intégré, ce qui était idéal pour travailler depuis un emplacement surélevé. L’appareil photo a remarquablement bien géré les conditions difficiles d’ombre et de lumière, m’aidant ainsi à obtenir la bonne exposition. Cette expérience m’a appris qu’il peut être utile, lorsque les conditions le permettent, de rechercher un autre point de vue, notamment lorsque celui-ci offre une lumière intéressante. Les positions surélevées, en particulier, peuvent créer de magnifiques contrastes entre la lumière et l’ombre. »

Prévenue que la Mannschaft allait faire quelque chose d’inhabituel, Ina a saisi la puissante manifestation de l’équipe. Le geste de se couvrir la bouche est ainsi devenu une image qui a fait le tour du monde. Nikon Z 9 + NIKKOR Z 24-120mm f/4 S, 102 mm, 1/500 s, f/4, 500 ISO ©AFP/Ina Fassbender

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« Avant chaque match de football, il est essentiel de bien s’informer, explique Ina. Je réfléchis systématiquement à l’éventualité qu’un récit se construise au fil du match, et à comment le suivre visuellement. Cette photo a été prise avant le match de phase de poules face au Japon, en 2022. Ce qui la rend spéciale, c’est qu’il s’agit techniquement d’une photo de l’équipe, chose qui n’aurait normalement pas grande importance. Pourtant, dans ce cas précis, elle véhiculait un message très fort. À l’époque, les discussions tournaient autour du brassard arc-en-ciel du capitaine, et les spéculations allaient bon train pour savoir si le gardien Manuel Neuer le porterait. Au lieu de cela, l’équipe allemande a posé pour la photo de groupe en se couvrant la bouche de la main, comme pour dire : ‘Nous n’avons rien d’autre à ajouter à ce sujet.’ »

« J’avais été informée à l’avance que la sélection allemande prévoyait de faire quelque chose d’inhabituel lors de la photo de groupe. Malgré tout, la surprise était là. L’image a fini par être reprise partout dans le monde. Cela montre une fois de plus à quel point il est important d’être bien informé avant un reportage. »

Le spectaculaire retourné acrobatique de Jude Bellingham sauve l’Angleterre de l’élimination face à la Slovaquie lors des huitièmes de finale du Championnat d’Europe 2024. Nikon Z 9 + NIKKOR Z 70-200mm f/2.8 VR S, 195 mm, 1/1150 s, f/2.8, 1250 ISO ©AFP/Ina Fassbender

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« Ces moments-là se produisent en une fraction de seconde, et l’autofocus doit déjà être verrouillé sur la bonne zone, explique Ina. Grâce à cette image, j’ai fait la une de nombreux journaux à travers toute l’Angleterre. Dans ce genre de situation, la technologie de l’autofocus est d’une aide précieuse, mais il est également important de comprendre le déroulement du match et d’anticiper un éventuel but ou les prochaines actions d’un joueur. »

Les meilleurs conseils d’Ina :

  1. Si possible, emportez trois appareils photo : un premier doté d’un 400 mm f/2.8 pour l’action principale, un deuxième d’un 70-200 mm f/2.8 pour la surface de réparation et un troisième d’un objectif à courte focale pour les moments de liesse en gros plan. Un appareil photo équipé d’un objectif grand-angle placé derrière le but est également d’une aide précieuse.
  2. Lors des tours d’honneur et des scènes de joie, il est bien plus pratique de se déplacer avec un équipement minimal, idéalement juste un zoom grand-angle et un zoom téléobjectif plus puissant, car transporter trop de matériel devient rapidement un inconvénient.
  3. Les remises de trophées peuvent être particulièrement éprouvantes. Il faut quitter sa place, se frayer un chemin vers le centre, puis réagir rapidement lorsque les scènes de joie se déroulent vers les supporters. Autrefois, je finissais couverte de bleus, mais aujourd’hui j’essaie d’anticiper les mouvements des joueurs, et ça m’aide vraiment.

Lionel Messi entouré de joueurs suisses en 2014, dans un cliché inspiré de la célèbre photo de Maradona prise par Steve Powell. Nikon D4S + AF-S NIKKOR 600mm f/4, 1/3200 s, f/5.6, 400 ISO ©Matthias Hangst/Getty Images

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Matthias Hangst

Aujourd’hui, Matthias Hangst supervise plus de 40 photographes salariés en tant que directeur du contenu sportif chez Getty Images pour les régions EMEA et APAC. Son expérience sur le terrain n’est plus à prouver, puisqu’il a couvert les Coupes du monde en Corée et au Japon (2002), en Allemagne (2006), au Brésil (2014), en Russie (2018) et au Qatar (2022).

« En tant que photographe lors du plus grand tournoi international de football, il s’agit avant tout d’être au plus haut niveau, sur la plus grande scène, à l’image des joueurs sur le terrain, explique Matthias. On ne peut pas rater les moments clés, il faut être au rendez-vous. »

« La photo de Steve Powell montrant Maradona entouré de joueurs belges en 1982 est l’une des images de football les plus célèbres des archives de Getty Images. Je l’avais en tête lorsque je suis monté dans les tribunes pour le match Argentine-Suisse en 2014. On ne peut jamais reproduire quelque chose d’aussi unique, mais je voulais montrer Lionel Messi au centre, entouré d’autant de joueurs que possible, sans aucun autre joueur argentin dans le cadre, pour que l’on ait l’impression que tout tournait autour de lui. Ce n’était pas planifié, mais l’intention était là avant le match. »

En 2018, Matthias Hangst immortalise la rencontre Angleterre-Belgique depuis les hauteurs du terrain. Nikon D 5 + AF-S NIKKOR 180-400mm f/4 TC1.4 FL ED 1/1600 s, f/4, 1600 ISO ©Matthias Hangst/Getty Images

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« De temps à autre, dans certains pays, nous sommes autorisés à travailler depuis ce qu’on appelle la passerelle, à 80 ou 100 mètres au-dessus du stade, attachés à un rail par un harnais, appareil photo pointé à la verticale vers le terrain, explique Matthias. C’est un emplacement unique, accessible uniquement à un petit groupe de personnes. Cela implique un long processus d’autorisation, des sessions de formation, le port de harnais et de casques, parfois même la présentation de certificats médicaux, car il s’agit de travailler en hauteur. Même au sein de notre équipe, seul un petit nombre y accède, cela demande une certaine assurance. La pression est énorme. On travaille au-dessus d’autres personnes, donc le moindre objet qui tombe peut causer de graves blessures. Tout ce qu’on emporte là-haut doit être doublement sécurisé. Chaque appareil photo, chaque objectif, même son téléphone, doit être attaché. On vide ses poches. Il faut éviter tout élément non indispensable, car le moindre objet pourrait tomber. »

« Mais c’est une occasion en or. Lors du match Belgique-Angleterre, six joueurs se sont retrouvés engagés dans la même action aérienne, une situation rare et difficile à anticiper depuis les hauteurs. J’aime cette photo parce qu’elle offre une image différente du football, un angle inédit. Je suis un grand fan de la pelouse verte et de l’arrière-plan épuré, mais il faut aussi tenir compte de tout ce qui mène à ce résultat. Quand six joueurs sautent pour un seul coup de tête et qu’on arrive quand même à voir les visages, l’action, le langage corporel, la ligne blanche et les couleurs, c’est une chance. Tout s’est finalement parfaitement mis en place. »

Depuis les hauteurs du terrain, Matthias Hangst immortalise Lionel Messi portant le trophée au milieu d’une foule de joueurs, de familles et de photographes après la victoire de l’Argentine en 2022. Nikon Z 9 + NIKKOR Z 70-200mm f/2.8 VR S, 85 mm, 1/1250 s, f/3.5, 2000 ISO ©Matthias Hangst/Getty Images

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« Cette photo a également été prise depuis la passerelle, lors de la finale de 2022, explique Matthias. Quelque part dans ce cadre, on peut voir Lionel Messi brandir la coupe, ainsi que trois de nos photographes portant des gilets bleu foncé, dont David Ramos. Ils avaient été autorisés à entrer sur la pelouse et à l’accompagner, c’est pourquoi ils se trouvent devant tous les photographes officiels en vert. On m’avait fait confiance pour monter sur la passerelle lors de l’un des plus grands matchs de football de la planète, avec Lionel Messi soulevant le trophée pour l’Argentine. C’était extrêmement exigeant, la passerelle était très haute, et il faisait très chaud. Il y a eu prolongations et tirs au but, j’ai donc passé plus de quatre heures au total là-haut avec des objectifs lourds, presque rien à boire et pratiquement aucune pause. Je portais un 600 mm et un 400 mm. Je vous laisse imaginer : la moindre chute aurait été catastrophique. »

« Au début, je pensais que la photo n’était pas aussi réussie que je l’avais espéré, car Lionel Messi n’a jamais vraiment levé les yeux. Mais plus le temps passe, plus je l’apprécie. Elle illustre mon domaine, mon métier et la nature de ce que nous faisons. C’est peut-être l’image qui m’a demandé le plus d’efforts de toute ma carrière. »

« Je continue d’y découvrir des petits détails : quelqu’un qui tombe d’une chaise, quelqu’un qui court, un autre photographe dans la foule. Tout y est : des spectateurs, des joueurs, des familles, des photographes et de l’émotion. J’étais perché à 100 mètres de hauteur, avec l’impression d’être assis sur la Lune et d’observer la scène d’en haut. Et pourtant, c’était un immense moment de l’histoire du football. Quelle chance ! »

Les meilleurs conseils de Matthias :

  1. Revoyez votre façon de photographier des sujets familiers. On pourrait penser que le football doit être photographié depuis le sol, mais en prenant de la hauteur, vous obtiendrez un arrière-plan plus épuré, des ombres plus marquées et des formes plus graphiques. Avec moins de photographes autour de vous, vous aurez beaucoup plus de chances de créer quelque chose d’original.
  2. Pensez à des éléments tels que les couleurs des maillots, les arrière-plans, la lumière et le contraste. Choisissez un emplacement qui tienne compte de ces éléments. Même la photo de football la plus spectaculaire et la plus dynamique perdra de son impact si ces éléments ne s’harmonisent pas.
  3. Exploitez au mieux votre emplacement. Il n’est peut-être pas idéal, mais cela ne signifie pas que vous ne pouvez pas prendre de bonnes photos. Les possibilités sont infinies, mais cela demande de la créativité, de la rigueur et de l’anticipation pour trouver l’inspiration et réussir la photo sur l’instant.

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